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Phototype : comment connaître le sien, et ce qu'il change au soleil comme en soin esthétique

Le phototype classe les peaux en six types, de I à VI, selon leur façon de réagir au soleil : brûler ou bronzer. C'est lui que demandent la notice d'un épilateur à lumière pulsée et l'esthéticienne avant une séance de laser, et lui qui module l'indice de votre crème solaire. Il ne se lit ni sur la couleur du moment, ni sur l'origine. Le questionnaire ci-dessous, celui de Fitzpatrick en dix questions, vous situe ; la suite décrit chaque phototype, ce qu'il change, et quoi faire quand on hésite entre deux.

12 min de lecture
Faire le questionnaire (10 questions)
Six coupelles de céramique alignées sur une nappe en lin, chacune garnie d'une noisette de baume teinté, de l'ivoire rosé au brun très foncé, à côté d'un chapeau de paille

Test : quel est votre phototype ?

Ce sont les dix questions du questionnaire de Fitzpatrick, avec le barème qu'en publie l'agence australienne de radioprotection : chaque réponse vaut de 0 à 4 points, et le total donne le phototype. Répondez pour votre peau sans crème solaire, avec la couleur naturelle de vos yeux et de vos cheveux.

10 questions

Les 6 phototypes, du I au VI

  1. 01Phototype I : ne bronze pas, coup de soleil à chaque exposition

    Peau très claire, taches de rousseur, cheveux roux ou blonds : la Société française de dermatologie la décrit comme une peau qui ne bronze pas et attrape systématiquement des coups de soleil. Pour l'ANSM, c'est le profil « extrêmement sensible au soleil », celui qui demande la protection la plus haute de son tableau, même pour une simple journée au grand air.

    Le piège : Croire qu'une rousse ne peut pas utiliser la lumière pulsée à cause de sa peau. Tous les modèles de notre comparatif acceptent les peaux les plus claires ; c'est le poil roux qui ne réagit pas, et les notices l'excluent, comme le blond clair, le gris et le blanc.

  2. 02Phototype II : bronze difficilement, coups de soleil fréquents

    Peau très claire, cheveux blonds ou châtains, yeux clairs, des taches de rousseur qui apparaissent au soleil. Elle finit par prendre un hâle, mais après des coups de soleil. L'ANSM la range parmi les peaux « sensibles au soleil », celles dont l'indice varie le plus avec l'exposition : du SPF 15 pour une journée au grand air au 50+ sous les tropiques.

    Le piège : Se croire phototype III parce qu'on finit l'été bronzée. Ce qui compte, ce sont les coups de soleil des premières expositions, pas le hâle de septembre.

  3. 03Phototype III : coups de soleil parfois, bronze progressivement

    Peau claire, cheveux blonds ou châtains : elle prend parfois un coup de soleil, puis bronze peu à peu. L'ANSM parle de peau « intermédiaire ». C'est à partir de ce phototype que FOREO prévient, dans la notice d'un de ses masques LED, que la lumière bleue peut foncer la peau passagèrement.

    Le piège : Enchaîner les séances de lumière bleue sans regarder sa peau. Commencez par le rouge, à la durée la plus courte, et arrêtez si des taches apparaissent.

  4. 04Phototype IV : peau mate, bronze bien, peu de coups de soleil

    Peau mate, cheveux châtains ou bruns, yeux foncés ; elle attrape peu de coups de soleil et bronze bien. L'ANSM la classe parmi les peaux « assez résistantes ». Pour la lumière pulsée, c'est la dernière teinte que tous les modèles de notre comparatif acceptent, mais pas sans risque : l'ANSES cite une étude où 10 % des personnes de phototype IV gardaient une tache foncée plus de 330 jours après une séance.

    Le piège : Ignorer la repousse paradoxale : chez 5 à 10 % des personnes traitées à la lumière pulsée, des poils repoussent plus nombreux autour de la zone. L'ANSES la dit favorisée par les phototypes IV et V, et aussi par le III.

  5. 05Phototype V : peau foncée, bronze facilement, rarement de coup de soleil

    Peau foncée, yeux foncés ; elle a rarement des coups de soleil et bronze facilement. Le tableau de l'ANSM s'arrête avant elle. L'ANSES range les phototypes V et VI parmi les contre-indications de l'épilation à la lumière pulsée ; plusieurs fabricants acceptent pourtant le V : les Braun Silk·expert de notre comparatif, le Beurer IPL 10000+, et les Philips Lumea 8000, 9000 et 9900 d'avant 2026 — pas ceux de 2026, vendus sous les mêmes noms.

    Le piège : Prendre « toutes les teintes de peau » au mot. Silk'n l'écrit sur le site de son Infinity Fast, mais sa notice française dit que l'épilation à la lumière ne convient pas aux peaux naturellement foncées. C'est la notice qui fait foi.

  6. 06Phototype VI : peau noire, jamais de coup de soleil

    Peau noire, qui n'a jamais de coups de soleil. Aucun épilateur à lumière pulsée de notre comparatif n'accepte cette teinte, et l'ANSES la range parmi les contre-indications : à la maison, la cire, l'épilateur électrique ou le rasoir prennent le relais. Ne pas brûler ne veut pas dire ne rien craindre du soleil : voir la question sur les peaux foncées, plus bas.

    Le piège : Croire qu'une peau qui ne brûle pas ne marque pas. Sur une peau foncée, une irritation, un bouton ou un gommage trop appuyé peut laisser une tache plus foncée, longue à s'effacer.

Comment connaître son phototype sans questionnaire

  1. 01

    Regardez une zone que le soleil ne touche pas

    L'intérieur du bras, le haut de la cuisse, une zone toujours couverte : c'est la couleur de votre peau sans bronzage, celle que demande le questionnaire. Rosée, très pâle, brun clair ou mate, brune, brun foncé : chaque nuance vaut un nombre de points différent.

    Le piège : Se situer sur un nuancier de couleurs de peau. La couleur n'est qu'un indice : des dermatologues américains rappellent que le phototype s'accorde mal avec la couleur de peau mesurée. C'est la réaction au soleil qui le définit.

  2. 02

    Rappelez-vous vos premiers soleils

    L'échelle de Fitzpatrick a été conçue pour mesurer une chose : la tendance de la peau à brûler au soleil. Pensez aux premières expositions de l'été, sans protection. Un coup de soleil à chaque fois, sans bronzer : phototype I. Souvent, et vous bronzez difficilement : II. Parfois, puis vous bronzez progressivement : III. Peu, et vous bronzez bien : IV. Rarement, et vous bronzez facilement : V. Jamais, sur une peau noire : VI. C'est la colonne « réaction au soleil » de la classification que publie la Société française de dermatologie.

  3. 03

    Cheveux, yeux, taches de rousseur : la couleur d'origine

    Ils confirment le classement. Cheveux roux ou blonds et taches de rousseur vont avec les phototypes I et II, yeux clairs avec le II, cheveux châtains ou bruns et yeux foncés avec le IV, yeux foncés avec le V. Prenez la couleur naturelle de vos cheveux, celle d'avant les colorations et les cheveux blancs.

    Le piège : Laisser des cheveux bruns l'emporter sur des coups de soleil à répétition. Quand les deux se contredisent, fiez-vous d'abord à la réaction au soleil : c'est elle que l'échelle a été conçue pour mesurer.

  4. 04

    Entre deux phototypes, gardez le plus prudent pour chaque usage

    Un questionnaire auquel on répond soi-même n'est pas précis au point près, et une étude de 2010, citée par des dermatologues américains, montre qu'on a tendance à s'y classer plus foncé qu'on ne l'est. Pour le soleil, protégez-vous comme le plus clair des deux phototypes. Pour un épilateur à lumière pulsée ou la lumière bleue d'un masque LED, suivez la notice comme si vous étiez le plus foncé.

  5. 05

    En institut, avant le laser ou la lumière pulsée

    Depuis le décret du 24 mai 2024, une esthéticienne formée peut pratiquer l'épilation au laser et à la lumière pulsée, et la série commence par un examen de la peau et du phototype, avant de programmer les séances, pour repérer les contre-indications. La fiche remise avant la première séance recommande aussi une consultation médicale. Ce que l'institut doit faire d'autre est détaillé sur notre page épilation. Pour un appareil à la maison, l'ANSES recommande de même une consultation chez un dermatologue avant toute série d'épilations.

    Le piège : Accepter une première séance sans examen de votre peau. C'est une obligation pour l'institut : demandez comment votre phototype a été déterminé.

Tableau des phototypes : soleil, cabine UV, lumière pulsée

Une ligne par phototype, avec le score correspondant au test. Les indices sont ceux de l'ANSM, qui décrit des profils plutôt que des numéros : chacun est placé en face du phototype dont la description correspond, et son tableau s'arrête à la peau mate. Ils se lisent avec l'indice UV du jour : dès 3, le Haut Conseil de la santé publique demande à tous au moins SPF 30, dès 8 au moins SPF 50 ; retenez le plus haut des deux. Les deux dernières colonnes reprennent les avertissements imposés aux cabines de bronzage, l'avis de l'ANSES de 2021 et les notices des épilateurs de notre comparatif.

Tableau des phototypes : soleil, cabine UV, lumière pulsée
PhototypeRéaction au soleilIndice selon l'ANSMCabine de bronzage UVÉpilateur à lumière pulsée
I (0 à 6 points)Ne bronze pas, coup de soleil à chaque foisSPF 30 à 50 au grand air, 50+ à la plageFortement déconseilléeAccepté par tous les modèles ; c'est le poil qui décide
II (7 à 13 points)Bronze difficilement, coups de soleil fréquentsSPF 15 à 25 au grand air, 30 à 50 à la plage, 50+ sous les tropiquesFortement déconseilléeAccepté par tous les modèles
III (14 à 20 points)Coups de soleil parfois, bronze progressivementSPF 6 à 10 au grand air, 15 à 25 à la plage, 30 à 50 sous les tropiquesDéconseillée, comme à tousAccepté par tous les modèles
IV (21 à 27 points)Peu de coups de soleil, bronze bienSPF 6 à 10 au grand air et à la plage, 15 à 25 sous les tropiquesDéconseillée, comme à tousAccepté par tous les modèles ; taches foncées durables possibles
V (28 à 34 points)Rarement de coup de soleil, bronze facilementHors du tableauDéconseillée, comme à tousContre-indiqué par l'ANSES ; accepté par certains modèles
VI (35 à 40 points)Jamais de coup de soleilHors du tableauDéconseillée, comme à tousRefusé par tous les modèles ; contre-indiqué par l'ANSES

Précautions et contre-indications

  • AttentionLa cabine UV est fortement déconseillée aux phototypes I et II

    Depuis l'arrêté du 20 octobre 2014, la notice de tout appareil de bronzage mis à disposition du public doit dire que « l'utilisation des appareils de bronzage est fortement déconseillée aux personnes dont la peau brûle facilement au soleil ou dont la peau comporte des taches de rousseurs (phototypes I et II) ». Le même texte rappelle que le risque de cancer de la peau existe dès la première exposition et que la cabine est interdite aux moins de 18 ans, et recommande à chacun, quel que soit son phototype, de ne pas y avoir recours.

  • AttentionPour la lumière pulsée, c'est la couleur du jour qui compte

    L'ANSES demande de tenir compte, au moment de la séance, du phototype mais aussi du niveau de bronzage de la zone. Une peau bronzée, au soleil ou à l'autobronzant, absorbe la lumière comme une peau plus foncée : Philips demande d'éviter le soleil quatre semaines avant une séance et 48 heures après, et d'attendre deux semaines après un autobronzant ; Braun interdit son appareil sur un bronzage récent. Faites toujours le test cutané que demande la notice, sur une petite zone.

  • AttentionPeau claire et nombreux grains de beauté : surveillez votre peau

    Plus le phototype est clair, plus la peau a besoin d'être protégée du soleil pour éviter un cancer cutané, rappelle l'ANSES. Les avertissements obligatoires des cabines de bronzage comptent un phototype clair, une peau qui rougit facilement et de nombreux grains de beauté ou taches de rousseur parmi ce qui augmente fortement les risques. Montrez à un médecin un grain de beauté qui change ou démange, et toute tache nouvelle sur la peau.

Ces informations ne remplacent ni la notice du fabricant ni l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute — grossesse, traitement, peau réactive, antécédent d'allergie —, demandez conseil avant le soin.

Les erreurs qui faussent le phototype

  1. 01Confondre phototype et type de peau

    Le type de peau — normale, sèche, grasse ou mixte — dépend du sébum ; le phototype, de la réaction au soleil. Une peau grasse peut être de phototype I comme de phototype VI. Pour savoir quelle crème ou quel nettoyant choisir, c'est votre type de peau qu'il faut connaître, et il a son propre questionnaire.

  2. 02Compter sur son bronzage, ou sur un autobronzant, pour se protéger

    L'ANSM est nette : le bronzage ne remplace pas un produit de protection solaire, et les autobronzants comme les accélérateurs de bronzage, monoï compris, n'assurent aucune protection contre les UVA ni les UVB. Bronzer facilement n'a jamais dispensé de se protéger.

  3. 03Prendre le capteur de l'épilateur pour un feu vert

    Le capteur de teinte d'un épilateur à lumière pulsée bloque le flash sur une peau trop foncée ; il ne dit pas que l'appareil vous convient. Lisez le tableau de la notice avant l'achat, et faites le test sur une petite zone avant chaque nouvelle zone.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le phototype, et combien y en a-t-il ?
Le phototype décrit la façon dont votre peau réagit au soleil : brûler, bronzer, ou les deux. La classification la plus utilisée en dermatologie est celle de Thomas Fitzpatrick, créée en 1975 pour évaluer le risque de coup de soleil pendant les séances de photothérapie. Elle compte six phototypes, de I à VI, du plus clair au plus foncé ; à l'origine, elle s'arrêtait au IV, et les types V et VI ont été ajoutés ensuite pour les peaux foncées et noires. Un « phototype 0 » a aussi été proposé pour les personnes albinos, dont la peau ne fabrique pas de mélanine, le pigment qui la colore.
Le phototype change-t-il avec le bronzage ?
Non. Il décrit la couleur native de la peau et sa façon de réagir au soleil ; un bronzage ou un autobronzant changent la couleur du moment, pas le phototype. Les cheveux qui blanchissent ne le changent pas non plus : c'est pourquoi le questionnaire demande leur couleur d'origine.
Phototype ou indice UV : qu'est-ce qui décide de la crème solaire ?
Les deux, et c'est l'indice UV du jour, donné par Météo-France, qui fixe le minimum. Le Haut Conseil de la santé publique, dans son avis de 2019, l'applique à tous : de 3 à 7, chercher l'ombre entre midi et 16 heures, porter manches longues, chapeau et lunettes, et en complément une crème SPF 30 au moins ; de 8 à 10, éviter le soleil entre midi et 16 heures et passer au SPF 50+ ; à 11 et plus, aucune exposition à ces heures-là. Le tableau de l'ANSM module ensuite selon le phototype : plus la peau est claire, plus il faut monter. Quand les deux divergent — l'ANSM descend jusqu'à SPF 6 pour une peau mate —, retenez le plus protecteur.
Quel phototype pour une peau métisse, maghrébine ou asiatique ?
Aucun phototype ne correspond à une origine. L'échelle mesure la réaction de la peau au soleil, pas l'ascendance, et des dermatologues américains rappellent qu'elle n'a pas été conçue pour décrire une origine, qui prédit mal le phototype : des femmes japonaises se classent souvent en type II, par exemple. Deux personnes de même origine peuvent avoir deux phototypes différents. Le questionnaire de cette page ne pose d'ailleurs aucune question sur l'origine.
Faut-il une crème solaire avec un phototype V ou VI ?
Oui. Le tableau de l'ANSM s'arrête aux peaux mates, mais les repères du Haut Conseil de la santé publique valent pour tous, peaux foncées comprises. Les dermatologues américains conseillent aussi un écran chaque jour, d'indice 30 au moins ; sur une peau foncée, ils recommandent un écran teinté aux oxydes de fer, qui ne laisse pas de voile blanc et aide à éviter les taches foncées.

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